Allocution de Madame Michèle ALLIOT-MARIE,
Ministre de l'intérieur, de l'outre-mer
et des collectivités territoriales
Monsieur le Président,
Monsieur le Directeur,
Monsieur le Préfet,
Mesdames et Messieurs,
C'est avec
un réel plaisir que je me trouve parmi vous aujourd'hui
pour l'anniversaire d'un très jeune cinquantenaire. Le
groupement d'hélicoptères de la sécurité
civile méritait bien cette réunion et cette commémoration
et je voudrais remercier tout particulièrement Philippe
JOLY, président de l'amicale du groupement d'hélicoptères,
de ce qu'il a fait ainsi que tous ceux qui bénévolement
l'ont accompagné dans la préparation de cet événement.
J'ai voulu, en étant
présente, marquer et notamment aux yeux de l'extérieur
l'importance que j'attache à cette mission de secours
héliportée des populations.
J'ai voulu aussi
vous témoigner à vous les pilotes du GH, comme
vous dites, aux mécaniciens opérateurs de bord,
aux techniciens sol également, toute ma considération
pour le travail que chacun accomplit.
Chacun dans sa spécialité,
avec sa motivation et son professionnalisme, concourt à
la réussite des opérations et donc aux secours
de nos concitoyens qui se trouvent dans les situations qui les
fragilisent le plus.
Aujourd'hui, c'est
vrai, les hélicoptères de la sécurité
civile s'imposent comme une référence du secours
aux personnes, un peu comme les Canadair en sont une pour les
feux de forêts. Cette référence, j'ai bien
conscience qu'il a fallu la construire, depuis les pionniers
des premiers vols de 1949 à l'héliport d'Issy-les-Moulineaux
jusqu'à aujourd'hui, avec le maillage des 22 bases de
la sécurité civile équipées des
nouveaux hélicoptères EC 145, cet appareil européen
bi-turbine dont les capacités sont effectivement bien
supérieures à celles de ses prédécesseurs.
Il est vrai que je
devrais le dire plutôt à l'extérieur qu'ici
: l'hélicoptère est devenu l'instrument indispensable
des secours. Il s'est imposé - et je tiens à insister
sur ce point - grâce au savoir-faire développé
au cours des années par les hommes et les femmes du groupement
hélicoptères. Il faut toujours se souvenir que
les machines ne sont rien sans les capacités, sans la
volonté, sans la générosité des
hommes et des femmes qui les servent.
N'oublions jamais
non plus que vous êtes l'illustration de ce qu'est le
ministère de l'intérieur et je voudrais que tous
nos concitoyens en prennent conscience. Ce ministère
est d'abord, par la nature de ses missions, celui de la protection
des Français et notamment des plus fragiles dans notre
société, fragiles parce qu'il arrive des incidents
qui mettent leur vie en danger.
Le groupement hélicoptères
est appelé à occuper dans ce dispositif de protection
des Français une place centrale. Oui, vous êtes
le service des secours extrêmes en montagne partir de
vos 22 bases opérationnelles 24 heures sur 24 et 365
jours par an. Les résultats sont là : 230 000
vies ont été sauvées au cours des 250 000
missions conduites par le groupement hélicoptères
et il est certain que sans vos interventions la plupart de ces
personnes auraient été condamnées.
Si je vous remercie
aujourd'hui, si je vous exprime ma reconnaissance, celle du
Gouvernement, celle de tous les Français, pour ce que
vous avez fait, c'est aussi pour vous dire que le besoin existe
et existera toujours et que ce niveau de service à la
population que vous assurez en permanence doit être maintenu.
Il s'impose comme une des références autour desquelles
se construit la politique nationale de secours aux personnes.
La question du maillage
territorial du secours aux personnes va devenir, dans les années
qui viennent, une question nationale et l'Etat a un devoir de
réponse. Il lui faudra faire preuve d'une capacité
d'adaptation aux initiatives et, en même temps, d'une
détermination sans faille : détermination des
structures de décisions, détermination des services,
détermination des hommes et des femmes qui les constituent.
Maintenir l'égalité
de nos concitoyens devant l'accès aux secours passera
nécessairement demain par la capacité, soit de
projeter une assistance médicalisée, soit de rapatrier
la victime vers un plateau technique spécialisé.
Il ne doit pas y
avoir sur notre territoire plusieurs degrés de protection.
Les Français doivent savoir que - où qu'ils se
trouvent sur le territoire - il y aura en cas de besoin une
réponse adaptée qui permettra, notamment dans
des cas de conditions extérieures et inattendues mais
également dans des cas de problèmes médicaux,
de répondre à leurs besoins.
Cet objectif implique
bien entendu que des matériels soient toujours au niveau
technique et au niveau de sécurité les plus élevés.
Cet objectif nécessite aussi un travail de coordination
de l'ensemble des moyens héliportés existant dans
l'Etat. Dans mes fonctions - celles-ci et les précédentes
- j'ai plaidé et plaide toujours pour que l'on apprenne
davantage à travailler ensemble. Ce qui compte, ce n'est
pas de se regarder soi-même, ce n'est pas la réputation
de chacun. La reconnaissance des Français va vers tous
ceux, je dis bien tous ceux sans aucune exclusive, qui participent
à ces secours.
Cet objectif de réponse
permanente, immédiate et efficace suppose aussi un niveau
de formation initiale et un niveau de formation continue de
grande qualité pour les hommes et les femmes, qu'il s'agisse
des personnels navigants ou des techniciens. Je vous demande,
monsieur le directeur - ainsi que j'ai déjà eu
l'occasion de m'en entretenir avec vous - de veiller à
ce que l'excellence que nous constatons aujourd'hui soit toujours
maintenue dans le futur.
C'est d'autant plus
important que c'est la condition de votre efficacité
mais c'est aussi la condition de votre propre sécurité
parce, que je le sais, vos missions sont des missions dangereuses.
Vous prenez des risques, parfois importants, pour sauver la
vie des autres et je veux que l'on dise à tous les Français
que ce n'est pas quelque chose de normal. Vous ne faites pas
simplement un métier, vous dépassez les normes
d'un engagement.
Chacun d'entre nous
sera toujours prêt à mettre sa vie en jeu pour
sa famille, pour ses amis. Vous, vous mettez vos vies en jeu
quand cela est nécessaire pour des gens que vous ne connaissez
pas et les Français doivent en être conscients,
puisque c'est à la fois la grandeur, l'honneur de votre
action et de votre métier. Cela doit être aussi
la source de la reconnaissance de chacun dans une société
qui oublie parfois le sens et les exigences de la solidarité.
Vous constituez un
modèle de courage et de responsabilité, un modèle
d'idéal qui doit aussi donner aux plus jeunes - parfois
un peu déboussolés par le manque de valeurs de
nos sociétés - une véritable référence.
Depuis 1957, 24 personnels
navigants du groupement hélicoptères sont morts
en service aérien commandé. Aujourd'hui - comme
je l'ai fait tout à l'heure symboliquement en déposant
une gerbe - je veux saluer leur mémoire. C'est aussi
dans ces moments de joie et de rassemblement que nous devons
dire à leur famille que jamais ils ne seront oubliés.
Leur sacrifice nous rappelle également l'obligation d'assurer
au maximum la sécurité des missions. Cette préoccupation
est la vôtre, je le sais. Vous avez travaillé sur
ce sujet au sein de la DDSC depuis le tragique accident de Gavarnie
en juin 2006 et j'avais suivi de près ces travaux à
l'époque, pour de multiples raisons.
Soyez assurés
que je soutiendrai personnellement toutes les actions d'amélioration
de la sécurité entreprise en liaison avec l'industriel
et la gendarmerie nationale qui emploie également des
EC 145 et je vous engage à en faire une priorité.
Mesdames, Messieurs,
le groupement de la sécurité civile peut être
fier de son engagement au service de nos concitoyens. Vous,
les hommes et les femmes du groupement, quelles que soient vos
missions, vous pouvez être fiers de votre engagement personnel
et de votre action.
La médaille
de l'aéronautique avait été décernée
au groupement en 2003. Aujourd'hui, pour traduire la reconnaissance
de la Nation à son égard, je viens de lui décerner
la médaille d'or pour acte de courage et de dévouement.
A travers lui, elle
est décernée aussi à chacune et à
chacun d'entre vous, qui avez bien mérité une
part de cette médaille.
Je vous remercie.
Madame
le ministre de l'intérieur et Madame Valérie André
avec le personnel du GH
Intervention du président de l'AGHSC
Madame
le Ministre de l'Intérieur,
Monsieur
le directeur de la défense et de la sécurité
civiles,
Monsieur
le préfet du Gard,
Mesdames,
messieurs,
Les
deux hélicoptères Hiller 360 et l'EC 145, présents
à quelques mètres de nous, démontrent de
façon saisissante l'évolution technologique de
ces cinquante dernières années. Du moteur à
piston à la turbine, de l'échelle de corde au
treuil, de la bille aiguille à l'avionique nouvelle,
les ingénieurs, les constructeurs, les industriels nous
permettent aujourd'hui d'être aux commandes d'appareils
dignes d'un troisième millénaire.
Cependant, serions
nous présents ici et aujourd'hui sans la volonté
des équipages du Groupement Aérien du Ministère
de l'Intérieur puis du Groupement d'Hélicoptères
de la Sécurité civile qui ont travaillé
à développer le secours héliporté
civil depuis 1957 ?
L'Amicale du Groupement
d'Hélicoptères veille à rappeler l'aspect
humain de notre métier. C'est pourquoi nous avons souhaité
rendre hommage au Lieutenant Colonel Curie, à l'adjudant
de Taddeo, " nos pères fondateurs ", et à
tous ceux qui ont œuvré avec foi dans leur métier.
N'oublions jamais
que la mission de secours est le résultat d'une coopération
multiple : le personnel administratif permet à nos bases
de fonctionner, le technicien sol du Centre de Maintenance travaille
aux visites sur nos appareils et au dépannage sur nos
bases, l'instructeur entretient les qualifications aéronautiques,
les opérations gèrent la flotte, et combien d'autres
travaillent dans le but d'assurer la continuité du Service
Public pour que finalement un équipage constitué
assure en toute sérénité l'alerte sur une
de nos vingt deux bases.
Le pilote et le mécanicien
opérateur de bord ne sont pas pour autant le dernier
maillon de cette chaîne du secours. Leur rôle consiste
à mettre dans les meilleures conditions possibles des
partenaires qui, en toute confiance, descendront au bout de
notre treuil ; les équipes médicales, les sauveteurs
issus des CRS montagne, du PGHM, les sapeurs pompiers plongeurs
et d'autres encore.
Enfin, il est de notre devoir de maintenir vivant le souvenir
de nos anciens et de ceux disparus dans l'accomplissement de
leur mission. Une stèle et une plaque comportant 24 noms
rappellent les risques de notre métier.
Ainsi nos cinquante
ans ne peuvent être bien vécus que s'ils sont partagés
avec tous.
C'est un plaisir
de voir tant d'anciens présents parmi nous au milieu
de nos partenaires, si nombreux à avoir répondu
à notre invitation. Ce sera l'occasion pour tous, aujourd'hui,
d'échanger des impressions, des histoires, de revivre
ces milliers d'heures de vol. Et demain nous partagerons ce
moment avec le grand public.
En ma qualité
de président de l'Amicale je tiens à remercier
la Direction de la Défense et de la Sécurité
civiles, le Groupement des Moyens Aériens et l'Echelon
Central du Groupement d' Hélicoptères qui nous
ont soutenu dans notre volonté de réaliser ces
cérémonies du cinquantenaire.
C'est un honneur
pour nous tous qui partageons cette passion de l'hélicoptère
et du secours de compter parmi nous Mme le général
Valérie André qui a accepté d'être
présente à nos côtés tout au long
de cette journée. Je vous remercie, madame, de l' accueil
que vous avez réservé à mon invitation
et vous prie de croire en la gratitude de l'ensemble des personnels,
navigants et non navigants, du Groupement d'Hélicoptères.
Madame le Ministre
de l'Intérieur, vous avez accepté d'être
parmi nous en ce jour important de notre histoire et nous sommes
fiers de vous voir à nos côtés, permettez
moi de vous en remercier.
Ces cinquante années
passées nous les regardons avec respect et humilité
; elles donnent, pour l'avenir, un nouvel élan à
tous ces équipages, hommes et femmes, qui hier comme
aujourd'hui ont porté et portent avec dignité
la combinaison rouge des Dragon.
Philippe
JOLY
Président de l'AGHSC
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