Sur la demande du Colonel MARUELLE, inspecteur général de la Protection Civile l’Adjudant DE TADDEO, du Centre National d’Instruction de la Protection Civile (CNIPC) à Chaptal, rédige en 1949 un rapport sur les possibilités d’utilisation d’hélicoptères dans les services incendie et secours. Le 15 novembre 1949, rendez-vous est pris pour un exercice à Issy-les-Moulineaux avec un appareil HILLER 360 anglais, seul appareil disponible en état de vol en Europe.


Sous cette machine, une échelle de corde simule les conditions d’un sauvetage.

Adjudant De TADDEO

Après de timides essais à quelques mètres du sol, dont un avec le commandant CURIE aux commandes, de TADDEO se suspend à l’échelle.

 

 


Il a ainsi l’honneur d’être le premier homme à voler dans le ciel de Paris accroché sous un hélicoptère, d’Issy-les-Moulineaux au viaduc d’Auteuil et retour sur l’héliport. La presse, présente sur les lieux, en fait la Une du quotidien  » L’AUBE « , le lendemain.

Malgré ce franc succès, un certain pessimisme persiste dans l’esprit des responsables. L’ayant pressenti, de TADDEO se met de plus belle à l’ouvrage. Reprenant sa plume et aidé dans son œuvre par un ami, Mr CHAUVIN, il présente au Colonel MARUELLE, en décembre 1949 une nouvelle étude revue et corrigée.
Ce pionnier rencontre alors à l’Hélioptère Club de France Mr DUHAMEL, tout aussi passionné, qui étudie la possibilité d’utiliser pour l’E.D.F cette merveilleuse machine.
A la suite de cette rencontre, un travail en commun aboutit à la proposition d’une étude technique très poussée.

Colonel CURIE

Le Commandant CURIE se prend de plus en plus au jeu des recherches de l’Adjudant de TADDEO. Il commence à croire lui aussi en cette possibilité d’avenir pour l’hélicoptère.
La conjoncture du moment est au développement des techniques modernes et à la coopération franco-anglaise.
Sur la demande du service technique d’E.D.F et de la Protection Civile, le Colonel GOUSSAULT de la Société Commerciale et Industrielle Franco-Britannique met à disposition un WESTLAND-SIKORSKY S-51. Ces deux services publics tenteront ainsi de démontrer les possibilités de travail aérien de cet hélicoptère.

Cet appareil de 450cv est bien plus puissant que le petit HILER 360 (178cv).

Un BELL 47 D est ensuite prêté pour la simulation d’accident sur une ligne haute-tension et pour les feux de forêts, comme moyen de reconnaissance et de liaison.

 

Le jour retenu pour cet exercice est le 10 juillet 1950 sur l’aérodrome de LOGNES dans le département de Seine et Marne.

Assistent à cette démonstration pour la Protection Civile : le Colonel MARUELLE, le Commandant CURIE et l’Adjudant de TADDEO.

 

 

Tous les participants à cette expérience concluante se retrouvent le 31 juillet 1950 pour une conférence à l’Hélicoptère Club de France afin de concrétiser les possibilités réelles d’une telle machine au sein des deux services.

La société Fenwick Aviation équipe alors le « Groupement Hélico » d’un BELL 47 G.

La fin d’année 1950 est marquée par le départ de l’Adjudant de TADDEO de la Protection Civile. Il est remplacé par l’Adjudant HENRY.

En 1953, grâce à l’aide technique du Service National de la Protection Civile et à une bonne coordination entre les différents ministères, trois hélicoptères provenant de services publics et de sociétés privées se rendent en Hollande suite à un raz de marée dans les polders. Ils rejoignent sur place quatre appareils militaires dépêchés sur zone dès la première heure du désastre.

Le Commandant CURIE dirige les opérations de secours et de sauvetage.
Dès son retour en France, lors des journées nationales de la Sécurité Civile du 13 au 19 juin 1953, il montre sur la Seine les manœuvres de secours qu’il a réalisées lors de sa mission à l’étranger. Il démontre ainsi les énormes possibilités de l’hélicoptère en matière de secours. Les médecins qui tenaient congrès parallèlement sont tous, sans exception, convaincus d’un tel transport aussi confortable.

Le succès de ces démonstrations permet ainsi au Commandant CURIE, promu Lieutenant colonel, d’appuyer auprès des autorités sa demande de création d’un service de secours aérien à la Protection Civile.

Les efforts aboutissent enfin en 1954 à l’affectation du premier hélicoptère BELL 47 G au Groupement. Deux autres suivront en 1956.
Malheureusement, le projet d’équiper le service d’un hélicoptère par département est stoppé en 1955. En effet, avec la guerre d’Indochine et le désordre en Algérie Française, la priorité est donnée à l’équipement des trois armées.

Finalement, le lieutenant colonel CURIE choisit de monter le groupement aérien avec l’aide de la société Fenwick Aviation et la Brigade des Sapeurs Pompiers de Paris. C’est ainsi que peut naître au printemps 1955.

Reconnu d’utilité publique par les autorités nationales, le groupement se développe en 1956 avec son propre budget et obtient ses premières lettres de noblesse dans toute la France.
Malgré la disparition du Lt colonel CURIE cette même année et grâce à l’élan donné par cet homme si dynamique, le groupement continue son extension sur le chemin tracé.

 

Le 7 octobre 1956 c’est malheureusement le premier accident sur la Seine.

 

 

 

 

Le 19 juin 1957 un arrêté du Ministère de l’Intérieur crée officiellement le Groupement d’Hélicoptères, le rattachant à l’Inspection Générale du Service National de la Protection Civile.

Les missions du groupement sont alors de deux ordres : les missions de secours et de sauvetage et les missions pouvant intéresser d’autres services du ministère.

Le groupement s’équipe alors de deux Bell 47 G2 et deux bases sont aussitôt expérimentées : l’une à Grenoble, installée le 15 juillet 1956, pour le secours en montagne, l’autre à Lorient, installée le 25 novembre de la même année, pour les interventions sur les îles et le secours en mer.

A la fin 1957 le Groupement comprend trois bases dont la principale est Issy-les-Moulineaux et reçoit un échelon technique de maintenance aéronautique.

 

 

 

En 1958 les premiers SE 3160 ALOUETTE II sont achetés par le groupement. D’autres bases sont alors crées. Un Agusta Bell 47 J2, en remplacement d’un Bell 47 G2 accidenté équipe la base détachement de Quimper.

En 1962 l’Alouette II voit arriver sa grande sœur, l’Alouette III (un appareil spécialement conçu pour les missions de sauvetage en montagne).

 

 

 

 

Le Groupement d’Hélicoptères devient Groupement aérien en 1964, suite à la mise en service d’avions bombardiers d’eau. En 1971 les BELL 47 tirent leur révérence.
En 1976 les appareils reçoivent les marques de la SECURITE CIVILE suite à la restructuration de la Protection Civile.

 

C’est au cours des années 82 et 83 que les DAUPHIN viennent renforcer le parc aérien et arment les bases maritimes pour les opérations en mer.

C’est le premier appareil bi-turbines doté d’une capacité de vol aux instruments (IFR monopilote). Suivent en 1986 les ECUREUIL AS 350 B1 spécialisés dans la lutte contre les feux de forêts. C’est la naissance des HBE (Hélicoptères Bombardiers d’Eau).

En 1986, l’organisation du Groupement Aérien est modifiée par la création d’une base d’avions et d’un Groupement d’Hélicoptères de la Sécurité Civile.

Des ECUREUIL AS 350 B2 sont réceptionnés en 1990 pour renforcer la flotte des HBE.


En 1991, les aéronefs de la Sécurité Civile, Base Avions et le nouveau Groupement d’Hélicoptères sont regroupés au sein du Groupement de Moyens Aériens de la Sécurité Civile (GMA).

 

 

 

 

Lors de sa délocalisation sur Nîmes Garons en 1997, le Groupement d’Hélicoptères restructure son échelon central et ses ateliers. Il est en outre créé un centre d’instruction dans la perspective du renouvellement de sa flotte.
En fin d’année 1999, une expérimentation est menée sur l’utilisation de jumelles de vision nocturne dans le cadre d’emploi des hélicoptères du Groupement. La formation des équipages débute dès l’année 2000 sur Ecureuil kité JVN. Elle est dispensée par des formateurs JVN du Groupement sur la base ALAT du Luc-en provence.

En mai 2001 c’est l’arrivée des 2 premiers EC 145 (BK 117 C 2) à l’Echelon Central du Groupement d’Hélicoptères (Nîmes). Ils sont destinés à la formation du personnel en vue du renouvellement complet de la flotte d’ici 2005.
Sur ces 2 appareils, 540 heures de vol ont été effectuées en 2001 au profit du Centre d’instruction.

Le 24 avril 2002, avec la livraison du premier EC 145 au standard opérationnel, le Groupement d’Hélicoptères se dote d’un outil performant et de toute nouvelle génération.

 

 

 

 

Cet appareil entra en service dans les bases à raison de 10 appareils au cours des années 2002 et 2003 puis 7 à 5 appareils au cours des années 2004 et 2005.
En 2006 toutes les bases sont opérationnelles sur BK 117 C2.

Et le travail des DRAGONS continue…

En 2009

Une page de notre histoire se tourne avec l’entrée au musée de la dernière Alouette 3.

Cette entrée au musée de l’air et de l’espace est un pincement au coeur pour tous les anciens en ce mois de mai 2009 mais est vécue avec beaucoup de fierté par tous ceux qui ont travaillé avec l’alouette, durant ses quarante années de services.

Mais désormais, place à la modernité !

L’arrivée de l’EC 145 est très appréciée par les équipages et les « partenaires » de tous les horizons qui en sont les utilisateurs .

Son habitabilité, ses performances, ses capacités au vol « tout temps » , son aptitude au vol sous jumelles de vision nocturne , sa polyvalence font que les missions de secours de jour et de nuit sont de plus en plus nombreuses et reculent les limites ou le secours ne devient « plus possible », tout en assurant un confort accru aux personnes transportées avec le maximum de sécurité.

 Pourquoi Dragon ?

« Dragon » est l’indicatif opérationnel radiophonique de tous les hélicoptères du GHSC. Pour les distinguer on ajoute à cet indicatif le nombre correspondant au département où est implantée leur base d’affectation.